En Belgique, une fréquentation bien plate des cabinets dentaires !

Qu’est-ce qui pourrait bien expliquer la faible fréquentation des cabinets dentaires belges ? Malgré les actions et campagnes de prévention, les autorités du plat pays peinent à sensibiliser la population sur la nécessité de consulter un spécialiste de la santé bucco-dentaire et ce, vraisemblablement en raison des remboursements et prises en charge jugés faibles et inégalitaires. Retour sur les spécificités de la dentisterie belge à travers l’article du Chirurgien-dentiste de France, revue hebdomadaire professionnelle et syndicale éditée par la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD).

« Un budget de 81 euros par an et par personne couverte ». C’est, en Belgique, le budget moyen alloué aux soins dentaires par l’assurance maladie obligatoire, selon Michel Devriese, président sortant de la Société de médecine dentaire. Seule une partie de ces soins, qui figurent parmi les soins de santé les moins bien couverts dans le pays, sont pris en charge par l’Institut national d’assurance maladie invalidité (Inami), l’équivalent de la Sécurité sociale française. Il s’agit en grande partie des soins de base ou de prévention.

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Patient régulier mieux remboursé

Pour inciter les patients à consulter avant qu’il ne soit trop tard, les autorités ont mis en place divers programmes, tels que le trajet de soins buccaux (TSB), dès 2015. Le principe est simple : moins le patient va chez le chirurgien-dentiste, moins il sera remboursé par la Sécurité sociale. « L’enjeu est avant tout de responsabiliser le patient, explique Michel Devriese. Un suivi régulier permet d’éviter des soins lourds générés par un manque d’assiduité. »

Ce dispositif, diversement accueilli par la population, est désormais entré dans les mœurs. Et l’effet est jugé plutôt positif par les représentants de la profession même s’il existe une grande variabilité selon les régions. « Certains y voient un système relevant plus du bâton et de la carotte que de l’incitation, rapporte le praticien francophone. Des patients viennent le 31 décembre pour être sûrs de pouvoir bénéficier d’un bon remboursement l’année suivante, au cas où. » Car le reste à charge, si le trajet de soins buccaux n’a pas été respecté, peut grimper à 50 %.

 

Extrait de : « Belgique – Une fréquentation bien plate ! », Le Chirurgien-dentiste de France, n°1800-1801 du 24-31 mai 2018, p.37