IA : des données, de l’intelligence et des hommes

La question de l’intelligence artificielle (IA) touche de nombreuses parts de la société, médecine incluse. La biologie médicale est pionnière en la matière, et use de l’IA pour une aide au diagnostic et analyse des données. Ce développement de l’importance de l’IA cause cependant des inquiétudes, la crainte majeure étant qu’elle remplace des praticiens qualifiés.
L’article du n° 120 de Biologie Médicale, la revue du Syndicat des biologistes (SDB), explore le sujet et questionne les possibles développements futurs, entre préjugés et volontés.

Décloisonnement, santé populationnelle, aide au diagnostic… Les utilisations des données de santé ne manquent pas, sur le papier. Si le processus pour parvenir à de véritables échanges de données de santé des patients entre acteurs est encore en cours de maturation et de déploiement, il faut déjà se préparer à la mise en place d’une véritable logique de partage. […]

 

Avec ou sans biologistes médicaux ?

Des biologistes médicaux que certains pensent réellement menacés par le développement de ces technologies. « Peut-être que dans une dizaine d’années, il y aura des automates qui répondront directement aux questions des médecins », s’interroge Morgane Moulis, ex-Présidente de la Fédération nationale des syndicats d’internes en pharmacie et biologie médicale (FNSIP-BM). L’hypothèse doit être posée. […]

 

[…] La biologie médicale est au cœur de la production et de l’interprétation des données de santé des patients. Les biologistes médicaux, s’ils veulent prendre une place incontournable dans l’exploitation et la régulation de ce nouveau champ médical, ont l’obligation d’intégrer ces réflexions à l’évolution de leurs pratiques.

[…]

L’IA est déjà fortement utilisée et prendra une place grandissante dans l’avenir, bien entendu. « Nous entendons beaucoup parler d’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale, souligne Philippe Gesnouin. Nous sommes aujourd’hui capables de transmettre un savoir à des systèmes, notamment sur la base d’une banque d’images préalablement expertisées, qu’ils peuvent analyser et comparer à toute nouvelle image qui leur est communiquée afin d’aider les radiologues à poser un diagnostic de manière plus rapide et peut-être plus fiable, mais cela reste encore à prouver. »

Extrait de : « IA : des données, de l’intelligence et des hommes », Biologie Médicale, n°120, pp.15-20