Maladie d’Alzheimer : « l’IDEL est un acteur clé de la prise en charge »

Alors que la maladie d’Alzheimer touche directement 3 millions de personnes en France, et que la majorité des malades reste à domicile, les acteurs les accompagnant, notamment les infirmiers libéraux, ont un rôle clé.
Le magazine de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), Avenir & Santé, dans le cadre des 12es Rencontres de France Alzheimer, a rencontré son président Joël Jaouen et évoque la situation actuelle de la prise en charge à domicile par les IDEL.

Où en est-on dans la prise en charge et du suivi à domicile des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer aujourd’hui ?

Joël Jaouen : La prise en charge et le suivi à domicile des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer se sont incontestablement améliorés ces dernières années sous l’impulsion étatique. Je pense notamment aux mesures des différents Plans Alzheimer qui se sont succédé depuis 2001. […]

Comment s’effectue cette prise en charge et qui l’assure ?

J.J. : Cette prise en charge repose aujourd’hui d’abord et avant tout sur le proche aidant parce qu’accompagner une personne malade d’Alzheimer (ou une personne atteinte d’une maladie neurodégénérative évolutive), cela nécessite une présence quotidienne presque 24/24. D’autant plus à un stade avancé de la maladie. Cet investissement n’est pas sans conséquence sur l’aidant, sa santé, sa vie sociale, ses finances.

Heureusement, il peut normalement s’appuyer sur toute une équipe pluridisciplinaire intervenant au domicile : infirmière, aide-soignante, aide à domicile… A ce titre, la mise en place des équipes spécialisées Alzheimer constitue une avancée considérable dans la prise en charge et, cela, toutes les familles qui ont fait appel le reconnaissent. […]

Plus spécifiquement, quel est le rôle des infirmiers libéraux aujourd’hui dans la prise en charge et l’accompagnement à domicile de ces patients ?

J.J. : L’infirmier libéral est, par définition, un acteur clé de la prise en charge et l’accompagnement à domicile de ces patients. Au-delà des soins apportés, je le considère également comme un relais entre la famille et les autres professionnels. La régularité de ses interventions fait qu’il a enfin un rôle d’alerte puisqu’il est à même de mieux évaluer l’évolution de la situation de la personne malade mais aussi celle de l’aidant. […]

 

Extrait de :  « Maladie d’Alzheimer : « l’IDEL est un acteur clé de la prise en charge »», Avenir & Santé, n°469, pp. 47-48