Imagerie médicale : un siècle d’innovations

Déjà un siècle depuis que les hôpitaux ont commencé à installer dans leurs murs du matériel d’imagerie médicale pour améliorer la prise en charge des patients. Un siècle que les progrès en la matière ne cessent d’étonner, et que l’imagerie médicale s’améliore et se spécialise.
Le Syndicat national des industries des technologies médicales (Snitem), dans le cadre de sa revue Snitem Info, publie une rétrospective détaillée sur ce siècle de créations et de changements permanents, toujours au service du patient.

Miniaturisation des dispositifs

Depuis 2010, se développent des échographes très compacts, « pour des usages qui nécessitent une miniaturisation et une portabilité des appareils », détaille le Pr Valérie Vilgrain, chef du service de radiologie de l’hôpital Beaujon à Paris. Ils présentent un intérêt au sein des véhicules de transports d’urgence ou encore des services de réanimation, pour éviter de déplacer les patients vers les services d’imagerie, par exemple. Ces dispositifs, qui se présentent sous la forme d’une sonde échographique rattachée à une petite tablette numérique servant de récepteur d’images, sont « une aide au diagnostic pour le clinicien », explique ainsi le professeur.

Essor des salles multimodales

En parallèle, la puissance des appareils et la résolution des clichés s’accroît. De plus, les interventions au bloc opératoire sont de plus en plus multidisciplinaires et multimodales : le « travail à quatre mains » entre les radiologues et les cardiologues, chirurgiens vasculaires, gastro-entérologues, urologues ou encore les neurochirurgiens se développe, pour des interventions mini-invasives guidées par l’image (pose de stents, cathétérisation de vaisseaux, destruction de tumeurs…). En conséquence, les salles opératoires multimodales, c’est-à-dire associant plusieurs modalités d’imagerie, fleurissent dans les établissements de soins publics comme privés.

Ainsi, en janvier 2018, le CHU de Strasbourg, par exemple, a inauguré une salle associant « un appareil d’angiographie, un scanner 4D mobile sur rail pouvant réaliser des scans volumiques du corps entier en 0,3 seconde, un écran large et un échographe », explique le Pr Afshin Gangi, chef du pôle d’imagerie dudit CHU. Les avantages sont nombreux : « une seule salle, une seule sédation du patient et de multiples examens et traitements réalisables en une seule fois », note-t-il. Le système d’angiographie et le scanner « sont capables de se reconnaître entre eux et de communiquer » pour, par exemple, réaliser une fusion d’images et peuvent être utilisés « dans le cadre d’une prise en charge multi-organes (traitement de cancers de la prostate, du rein, du poumon, du foie…) combinée », complète l’établissement de soins dans un communiqué de presse. Autre innovation de poids pour accompagner ces nouvelles salles : la robotisation de certains équipements de chirurgie ou d’imagerie. […]

Extrait de : Snitem Info, n°213, pp. 10-11