Rapport Aubert : la rémunération à l’acte n’est pas morte, mais…

Lorsque Jean-Marc Aubert, pilote de la task force « réforme du financement de la santé », rend son rapport à la ministre de la Santé, les professionnels du milieu ne sont pas dupes : sous le terme de financement combiné, c’est le paiement à l’acte qui est attaqué.
L’article paru en mars 2019 dans Avenir & Santé, la revue de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), revient sur les propos de Jean-Marc Aubert et les étudie sous la lunette engagée de la FNI.

Les rémunérations, leviers de transformation

Comment relever ces défis ? Le Gouvernement avait déjà très clairement pointé le sujet. Le rapport Aubert est là pour l’expliciter et en faire la pédagogie : « le levier du financement est essentiel pour favoriser la transformation du système de santé et permettre de réorienter celui-ci vers les besoins des patients ». Pour lui, « les modalités de financement sont en effet un puissant moteur pour permettre l’évolution des comportements et des organisations, via les ressources qu’elles permettent de consacrer à un patient donné et le signal qu’elles adressent aux différents professionnels. »

Derrière ce langage policé, les choses sont clairs : cela fait des années que l’on parle de coordination, de décloisonnement entre les acteurs pour des résultats bien maigres, chacun étant à la fois guidé et contraint par son mode de rémunération. Il faut donc les changer. Le constat que le système est arrivé au bout de sa logique est unanimement partagé de la part des « experts » et des observateurs. Mais que faire sans mettre le secteur à feu et à sang. Le Gouvernement avance sur des œufs et souhaiterait éviter l’ouverture d’un nouveau front des « blouses blanches », ville et hôpital confondus. Mais il veut toutefois avancer et ne pas se contenter de sa loi de santé. La solution ? La rémunération combinée !

Extrait de :  « Rapport Aubert : la rémunération à l’acte n’est pas morte, mais… », Avenir & Santé, n°471, pp. 47-48